vendredi 7 juillet 2017

Message des Kogis

Avec Eric et 2 indiens Kogis, dont un Mamou de 84 ans. Ils avaient eu un entretien très constructif avec Nicolas Hulot l'après midi même. Leur message : faire la paix intérieure et vivre en harmonie avec la
nature. Leurs sages prédisent l'extinction de notre espèce si nous continuons à détruire la nature. Nous ne sommes qu'un élément de cette nature et notre survie dépend de tous les autres.
Ils ne cherchent pas à inventer des choses matérielles nouvelles, mais à protéger ce qui existe.
Pour eux, ce n'est pas "Je pense donc je suis" mais "Tu es donc je suis".
L'idée de punition n'existe pas dans leur culture. Lorsque l'un d'entre eux commet une faute grave, un Mamou lui donne des enseignements pour l'aider à se corriger. La personne devient plus sage et elle est ensuite chargée à son tour de transmettre ces enseignements aux autres pour que la faute ne se reproduise plus dans leur société.
Ils vivent en Colombie, dans une montagne retirée. Ils sont 10000 organisés en plusieurs villages.

jeudi 29 juin 2017

Bouddhisme et Vérité


1- Le Bouddhisme est il une religion ?

« Ne croyez pas ce que je dit, expérimentez le ! ».

Cette phrase attribuée au Bouddha est fondamentale. C’est elle qui, à mon sens distingue le bouddhisme de toutes les autres religions et qui fait que le bouddhisme peut être considérée par certains comme une philosophie et non comme une religion. 

A l’origine religion vient du latin relego, relegěre (rassembler de nouveau, recueillir de nouveau) et aussi de Religare (relier) qui peut être interprété de plusieurs façons. Il s’agit soit de rassembler un groupe de croyants, soit de relier l’humain au divin.
D’après Wikipédia : « Une religion se conçoit le plus souvent comme un système de pratiques et de croyances pour un groupe ou une communauté, mais il n'y a pas de définition qui soit reconnue comme valable pour tout ce que l'usage permet aujourd'hui d'appeler religion. »

Dans le bouddhisme, il n’y a pas de dogme, pas de « vérité déclarée », il y a juste un chemin, des enseignements, qui sont proposés à celui qui en a envie.
 Quand on a demandé au Dalai Lama quelle était la meilleure religion, il a répondu : « Celle qui vous fait le plus de bien !». 
Normalement, dans le bouddhisme il n’est pas demandé de croire à quoi que ce soit. L’objectif est d’atteindre l’éveil, à chacun son chemin .

Mais l’être humain étant ce qu’il est, vous trouverez beaucoup de bouddhistes, et de soi-disant « maîtres bouddhistes » en train de défendre des croyances et des rituels, tels ceux que l’on trouve dans toutes les religions, avec ses paradis, ses monstres, ses saints et tout l’attirail qui va avec.
Vous trouverez, sur internet ou ailleurs, beaucoup de formes différentes du bouddhisme que ce soit le bouddhisme tibétain, le Zen japonais, le Chan chinois et beaucoup d’autres encore. Partout dans le monde, là où le bouddhisme s’est développé, les moines en ont fait une religion, et parfois, ils en vivent bien. 

Et il n’est pas rare, comme dans toutes les religions, qu’il y ait des schismes et donc des conflits. Il m’a été rapporté qu’au Tibet, là où il y a les bonnets jaunes, ceux du Dalai lama et les bonnets rouges, ceux du Karmapa, il arrivait fréquemment que les bonnets jaunes et les bonnets rouges se battent à coups de bâton, et même parfois, à coups de haches à propos de détails de la doctrine.

Avoir des croyances communes, les célébrer avec des rituels, est rassurant. Cela nous protège un peu de la peur de la mort, cela créée une communauté, c’est confortable d’être avec des gens qui partagent nos croyances et nos symboles.

Donc, nous pouvons trouver des moines ou des nonnes bouddhistes tout à fait comparables à nos curés de campagne, avec leurs certitudes, leur morale parfois discutable et leur attirail religieux.
Si vous allez dans un temple tibétain, Chan ou Zen, les formes les plus connues en France, aujourd’hui, vous allez rencontrer des croyances et des gens qui vont essayer de vous les faire partager. 
Mais, en général, les vrais bouddhiste n’insisteront pas et même si vous refusez leur croyances, ils vous accueilleront très amicalement et vous offriront à manger.
Bouddha n’a pas voulu créer une religion. Je ne crois pas que Jésus ait voulu en créer une non plus. 

Un bémol, toutefois : J’ai eu la chance de rencontrer Lama Gwendune Rinpoché qui était considéré comme un bouddha vivant, un être éveillé. Il avait passé 30 ans seul dans la montagne de l’Himalaya à méditer. Le Karmapa, équivalent du pape pour la lignée des Kagyupa, l’avait envoyé en France pour qu’il répande la Dharma, l’enseignement et la règle du bouddhisme tibétain. C’était le maitre spirituel de Daghpo Kagyu Ling à Saint Léon sur Vézère.
Quand vous l’approchiez, il était clair que cet homme là, petit bonhomme fragile de 80 ans, n’était pas ordinaire. Il rayonnait littéralement. Les gens étaient attirés comme par un aimant vers lui. Il était toujours accompagné par 2 lamas qui le protégeaient, car les gens se bousculaient pour l’approcher et essayer de le toucher. Au moins un millier de personnes de toutes nationalité se déplaçait à Saint Léon sur Vézère, chaque été, venant de toute l’Europe, pour écouter ses enseignements. Une fois, un photographe à voulu faire une photo de Gwendune avec tous les participants derrière lui, devant le stoupa du temple. Et cela à été impossible, car la foule restait groupée autour de Gwendune. 
Gwendune professait au moins une croyance : faire confiance à son lama.
En effet ceux qui le souhaitent peuvent se faire accompagner par un lama pour parcourir le chemin qui mène à l’éveil. Car ce chemin est rude, souvent douloureux, un peu comme une thérapie, mais en plus poussé.
L’objectif du bouddhiste, c’est d’atteindre l’éveil, pour cela son outil principal est la méditation.


2- Histoire de Bouddha 

Sidarta Gautama, dit Shakyamudi, dit Bouddha est né en -556, en Inde, dans un contexte religieux Hindouiste, où existaient déjà les notions d’Eveil, de Karma et de réincarnation. Il existe donc des similitudes entre le bouddhisme et l’hindouisme.
Selon la légende Siddhartha Gautama était le fils d’un roi. Son père avait voulu protéger son fils de la souffrance en l’empêchant de sortir du palais et en l’entourant de gens souriants, bien nourris, en bonne santé. Un jour Sidarta, à l’adolescence arriva à s’échapper du palais et  vis comment les gens vivaient. Ce fut un choc pour lui quand il vit des mendiants, des infirmes, des malades ou des gens qui avaient faim (cela se passait en Inde), quand il vit que partout il y avait des gens qui souffraient  et mourraient.
Il se jura de trouver un remède à la souffrance. Il quitta le palais et parcouru les routes de l’Inde, seul à pieds, pendant de nombreuse années, pour trouver la solution. Il consulta les grands maitres hindouistes. Il ne la trouva pas. Découragé et en colère, il arriva au pieds d’un grand arbre près d’une rivière et jura de ne plus bouger de là avant d’avoir trouvé la solution. 
L'Arbre de la Bodhi était un grand et très vieux Figuier Sacré situé à Bodh Gaya (à environ 100 km de Patna dans l'état indien de Bihar).
Il resta seul, assis au pied de l’arbre durant des mois, les villageois lui apportaient un peu de nourriture, il failli mourir, et puis un jour il connut l’éveil. Il était libéré de la souffrance. Il était devenu Bouddha et il avait découvert la méditation. 


3- Qu’est ce que la méditation, à quoi sert elle ?

La méditation consiste principalement à rester immobile, parfois plusieurs heures de suite, assis dans la position du lotus, mais cela peut aussi se faire assis sur une chaise ou en marchant, être conscient de soi-même, être conscient de son corps et de son esprit. L’objectif est d’observer tranquillement ses pensées sans rentrer dedans, pour, finalement, s’en détacher. En effet nous avons tous tendance à nous identifier à nos pensées, à croire que « je suis mes pensées ». La fameuse phrase de Descarte « Je pense, donc je suis ! » est totalement à l’opposée du bouddhisme. Un maître bouddhiste pourrait dire « je ne pense pas, donc je suis ! ». 

C’est un point commun important avec l’hindouisme. Des Maîtres contemporains comme Ramana Maharshi, ou Nisargadati Maharadj, conduisaient leur disciples vers cette expérience du « Je Suis ». 
Ramana Maharshi, quand un disciple venait lui poser une question, sur quelque sujet que ce soit, commençait toujours par lui demander : « qui se pose cette question ? », autrement dit, qui pense en toi, quel est le siège de tes pensées ?
Un américain, Charles Berner, à partir des enseignements de Ramana Maharshi, a mis au point des séminaires vers l’éveil, ou les participants passent 3 jours, de 6 heures du matin, à 11h du soir à se poser la question « Dis moi qui tu es ? ». Je considère ces séminaires comme une forme puissante de méditation. 

La méditation assise, traditionnelle, quand on la pratique longtemps, fini par nous détacher de nos pensées. Nous ne sommes plus nos pensées, mais l’observateur de nos pensées. Et, étant observateur, nous finissons par voir toute la futilité de nos pensées et par identifier les croyances qui construisent notre ego. Ce sont nos croyances qui nous permettent de construire ce que nous appelons la vérité, mais que nous devrions appeler « notre vérité parmi les 10 milliards de vérités qui existent sur terre ». En fait, il y a 10 milliard de vérités sur terre. Chacun a la sienne. 
C’est cet attachement à nos vérités respective qui est la source des conflits et de la haine de l’autre, de celui qui n’est pas comme nous, qui n’a pas les mêmes croyances. C’est la source de nos souffrances psychiques et bien souvent, aussi, physiques.
Bien sûr, nous pouvons nous attacher aux faits et dire que c’est la réalité et donc, la vérité.
Mais un même fait peut être vu sous différents angles et interprété de différentes façons.
La plupart de nos croyances sont inconscientes, mais ce sont elles qui conduisent chacune de nos actions. Par exemple : si je sais ouvrir une porte, c’est parce que je sais, je crois qu’il faut tourner la poignée et pousser pour y arriver. A chaque instant, ce sont nos croyance qui nous font agir.
Nos croyances construisent notre vérité et elles s’auto-génèrent. C’est à dire qu’elle filtrent  constamment notre perception du monde et ne retiennent que ce qui va dans leur sens, refusant de voir tout ce qui pourraient les remettre en question. 
« Je prend ce qui m’arrange, j’enlève ce qui me gène et je me débrouille avec ce qui reste pour avoir raison ».
Car ce qui remet nos croyances en question, remet notre identité sociale en question. Les élections sont un exemple intéressant. Comment se fait il que des gens intelligents et cultivés puissent défendre des opinions opposées, souvent en toute bonne foi ? Ils ont simplement, à travers leur histoire personnelle, développé des croyances différentes, et aujourd’hui, ils ne voient plus dans les faits qui leurs sont proposés que ceux qui peuvent renforcer leur opinion, leurs croyances.
Il est très difficile de se détacher de nos croyances, car, non seulement elles sont inconscientes, mais ce sont elles qui nous donne le sentiment d’exister. Se détacher de ses croyances, c’est accepter de disparaitre, de ne plus exister, de mourir ! 
En effet, ce sont nos croyances qui nous permettent de vivre en société et d’y avoir la place que nous avons.
Bouddha a dit que le but de la méditation, c’est d’enlever le voile des illusions. Nos croyances sont la source de nos illusions. Lorsque toutes nos illusions, toutes nos croyances sont parties, nous entrons en contact profond qui nous sommes vraiment et avec la réalité de l’univers, c’est l’Eveil


4 - Qu’est ce que l’éveil ?

C’est une expérience impossible à décrire avec des mots, car elle se situe en dehors de notre monde de concepts, à un endroit, si je peux parler d’un endroit, où il n’y a plus de mots, plus de définitions, juste un état, une connexion.
C’est l’état des êtres réalisés. Nous pouvons dire que Bouddha, Jésus ou Mahomet, où même Saint François d’assises, maitre Ekhart ou d’autres, selon leurs légendes respectives, étaient des êtres réalisés. 
Ce qui les caractérise, en général, c’est l’amour de l’autre, le non jugement, la vision, la connection avec la nature, la disparition de l’égo. C’est la sagesse ultime, celle des êtres en réelle communion avec les autres et l’univers. Il n’y a plus de souffrance, plus de plaisir, juste la joie d’être, le « Je Suis Celui qui est ! » de Jésus et d’autres comme Ramana Maharchi en Inde.


5 - Développement du Bouddhisme

A la mort de Bouddha, le bouddhisme est resté confidentiel. Seuls quelques compagnons ont perpétué son enseignement. C’est le roi Ashoka, qui vers -260, après une guerre dévastatrice, à décidé d’implanter le Bouddhisme en Inde, attiré par la non violence enseignée par Bouddha. Ecoeuré par les dégâts causé par les conquêtes territoriales et matérielles, il décide de se consacrer à la conquête intérieure et fait de longue retraites dans des monastères pour méditer. Il fait des dons pour aider le bouddhisme à se développer, et il en fait aussi aux autre religions présentes en Inde. Il a incité son peuple au végétarisme, interdit les sacrifices d’animaux et remplacé la chasse par des pèlerinages.
A partir de ce moment, le bouddhisme se répandit au Sri Lanka, en Birmanie, puis dans la plupart des pays asiatique.
Il arriva en Chine au 4ème siècle après Jésus Christ, porté par le légendaire Boddhidarma, un moine venu d’Inde. Boddhidarma s’installa au monastère de Shaolin où il créa le Chan, forme chinoise du bouddhisme. On lui attribue aussi la création du Kung Fu.
Puis il arriva au Japon en l’an 600 où il prit la forme du Zen et déclaré religion d’état.
C’est seulement vers l’an 750 qu’il arriva au Tibet où se développèrent les écoles des Bonnets Jaunes, les Gelugpas, dirigée par les Dalai-Lamas et des Bonnets Rouges, les Nyigmapas et Kagyupas. 
A chaque fois, le Bouddhisme s’imprègne des cultures locales : Tantra au Tibet, shintoïsme au Japon, … et beaucoup d’écoles différentes furent créées, se distinguant les unes des autres par des détails.

Les 2 plus connues, qui regroupent elles mêmes beaucoup de sous-écoles sont le Mayahana ou Grand Véhicule et le Hinayana ou Petit Véhicule.
Dans les grandes lignes, le Grand Véhicule prône la quête de l’éveil dans une motivation altruiste, celle des Bodhisattvas, qui bien qu’ayant atteint l’Eveil se réincarnent sur terre pour aider les autres êtres à l’atteindre.
Alors que le Petit Véhicule vise simplement l’éveil du pratiquant pour le délivrer de la souffrance.


6 - Pourquoi ce titre : « Bouddhisme et vérité » ?

Pour un bouddhiste, je ne parle pas de ceux qui en ont fait une religion et qui essaient d’imposer leur vérité aux autres, la vérité n’existe pas, ou, plus précisément, la seule façon de la rencontrer, c’est d’atteindre l’Eveil. 
Ce terme, « vérité », est galvaudé, comme d’ailleurs « liberté ». Beaucoup d’entre nous l’utilisent sans avoir vraiment réfléchi sur son sens. Ils s’en tiennent à une signification primaire.
En effet comment être libre en vivant dans une société qui, pour exister, impose naturellement des règles de fonctionnement et qui punit d’une façon ou d’une autre ceux qui ne les respectent pas. Même vivant sur une ile déserte, nous sommes toujours prisonnier de nos besoins de base, manger dormir, etc. Avoir le sentiment d’être libre, pour un être humain, c’est déjà pas mal. Mais être vraiment libre, c’est beaucoup plus difficile.
De la même façon, si il existait une vérité, cela se saurait, mais cela fait des millénaire que les hommes se battent pour essayer d’imposer leur vérité.
La réponse du bouddhisme est qu’il n’y a pas de vérité dans les idées, ni dans le débat d’idées. La seule vérité, c’est d’arrêter de penser et simplement d’être. D’être en contact avec les autres, d’être les autres, d’être en contact avec l’Univers, d’être l’Univers. Alors la vérité peut se révéler.
Sur le plan pratique, il est clair que nous ne pouvons pas vivre en société, avec presque 10 milliards d’être humains sur la terre, sans penser, sans débat d’idées. 
Mais il me semble important d’accepter que quelques soient les idées que nous portons, ce n’est pas la vérité.

Pour conclure je vous propose un poème qui a été écrit par Lama Gwendune Rinpoché et traduit en français : 

Laisse cet esprit, le tien, dans la détente, sans artifice
Dans cet état, regarde le mouvement des pensées.
Etablis-toi sur ce mouvement, sans forcer.
Dans cet état se révèle un calme.
Pas d'attachement au calme.
Pas de peur du mouvement.
Pas de différence entre le calme et l'activité.
Reconnais ces deux états comme des phénomènes mentaux s'élevant de l'esprit.
Dans cet état repose...
Sans saisie, sans attachement, dans l'essence naturelle.
Dans cet état, l'essence de ton propre esprit,
Sagesse, vacuité radieuse, va s'élever.
Et tu n'auras pas de mots...
Dans cet état, poindra une stabilité naturelle
Ne tiens pas la stabilité pour quelque chose,
Mais sois spontané, naturel et libre.
Ne t'attache pas, ne rejette pas les créations mentales mais, s’il te plait, demeure.

Mais surtout, ne croyez pas tout ce que j’ai dit !
Si vous en avez envie, expérimentez le !








samedi 12 septembre 2015

La méditation validée par les neurosciences



Inspirées de la pratique des moines bouddhistes, les techniques méditatives agissent sur le fonctionnement et même sur la structure du cerveau, selon de nouvelles études.

Jusqu’à présent, le bénéfice de la méditation sur le vieillissement avait seulement été suggéré par certains travaux de la Nobel de médecine Elizabeth Blackburn. Une large étude américaine, conduite par l’université californienne de Davis sur 100 individus âgés de 24 à 77 ans, vient de fournir un nouvel argument à cette thèse. Révélée par l’imagerie par résonance magnétique (IRM), l’anatomie comparée du cerveau de la moitié d’entre eux pratiquant régulièrement cette discipline a clairement montré une moindre altération de la matière grise que dans l’autre groupe, étranger à la pratique. Selon les auteurs de l’étude, l’intensité de la méditation stimulerait les dendrites (le prolongement filamenteux des neurones servant à conduire l’influx nerveux) et les synapses (la connexion des neurones entre eux). Cette puissante sollicitation cérébrale agirait également sur le stress, délétère pour les cellules. L’équipe a montré que trois mois intensifs de méditation affectaient significativement l’activité des télomérases, enzymes essentielles à la protection contre le vieillissement cellulaire.
En dépit des apparences, yeux clos et position placide, la méditation n’a rien d’une détente. « C’est même tout le contraire qui se produit dans le cerveau », explique le docteur Jean-Gérard Bloch, qui a inauguré il y a trois ans un diplôme « médecine, méditation et neurosciences » à la faculté de médecine de Strasbourg. Il s’agit pour le sujet de se concentrer sur sa « météo intérieure » : les émotions, sensations et pensées qui circulent librement dans son esprit. L’exercice consiste à focaliser son attention sur un objet – sa respiration, une partie de son corps… – sans se laisser distraire par ses pensées ou des stimuli extérieurs. Comme c’est impossible, même pour les pratiquants les mieux entraînés, l’esprit est plus éveillé que jamais pour dompter ce vagabondage cérébral et ramener l’attention sur l’objet de la concentration.

Mieux gérer ses émotions
Pendant cette activité, le cerveau s’échauffe. Sous l’œil d’un IRM fonctionnel, une équipe de l’université Emory d’Atlanta a mis en évidence qu’il sollicitait successivement quatre réseaux neuronaux liés à l’attention : d’abord le cortex sensoriel et moteur, puis le cortex antérieur, puis les régions pariétales, pour finir par le cortex préfrontal, et ainsi de suite pendant toute la durée de la séance. La répétition de ce cycle n’est pas sans conséquences. « Nous avons montré que des exercices intensifs de méditation permettaient de soutenir l’attention et d’améliorer la vigilance cérébrale », explique Antoine Lutz, du Centre Inserm de neurosciences de Lyon, l’un des premiers à avoir mené des travaux d’imagerie sur le cerveau de moines bouddhistes comme Matthieu Ricard. Avec ses collègues de l’université du Wisconsin, il a mis en évidence que le cerveau des méditants expérimentés était capable de traiter des stimuli deux fois plus rapprochés (moins de 300 millisecondes) qu’un cerveau de novice, qui reste le plus souvent scotché à la première sollicitation.

Plusieurs formes de méditation :
Pleine conscience. La plus facilement accessible. Elle consiste à focaliser son attention sur les émotions ressenties à l’instant présent pour augmenter sa concentration et évacuer un léger stress.
Active. Elle implique le corps en conjuguant une activité physique et de la spiritualité. On peut par exemple marcher en se concentrant sur ses mouvements et ainsi dompter ses pensées.
Transcendantale. Associée à un son ou une syllabe qui se répète (un mantra), elle permet une relaxation profonde en faisant le vide en soi pour atteindre un état de plénitude.
Vipassana. Littéralement, c’est « voir les choses telles qu’elles sont réellement ». Fondée sur la respiration, cette technique ancestrale indienne concentre ses effets sur l’attention.


En poussant plus loin leurs investigations, les chercheurs ont découvert que la méditation permettait également de mieux gérer ses émotions, une capacité qui manque aux dépressifs. A l’université de Toronto, des psychologues ont fait pratiquer pendant plusieurs mois des exercices de pleine conscience à des patients qui avaient connu au moins trois dépressions. « Le risque de rechute a été réduit de près de 40 % et certains praticiens considèrent aujourd’hui que ce traitement est au moins aussi efficace qu’une camisole chimique », rapporte Antoine Lutz.
Car les scientifiques savent désormais mieux ce qui se produit : dans un article publié en 2013 par « Frontiers in Human Neuroscience », Catherine Kerr, chercheuse à l’université de Providence, explique le rôle d’aiguilleur joué par le thalamus, une structure centrale du cerveau réceptrice des sensations corporelles, dans la distribution de ses informations au cortex : « Le thalamus transmet les sensations en adressant à la zone correspondante du cortex des impulsions électriques – les ondes alpha – dont la fréquence varie en fonction de l’intensité de la perception. Quand l’esprit se concentre sur une partie du corps, les ondes baissent sur la zone cible et la sensation augmente alors que, partout ailleurs, les ondes alpha augmentent et les sensations baissent. » On peut ainsi apprendre à atténuer la douleur ou à gérer des pensées morbides, comme c’est déjà le cas dans plus de 200 hôpitaux américains.

Compenser la fonte de la matière grise
La nouvelle étude des chercheurs américains sur les changements structurels induits par la méditation suit une série démarrée en 2005 avec les travaux de Sarah Lazar, du Massachusetts General Hospital de Boston. Elle avait alors remarqué que le tissu cérébral du cortex préfrontal gauche impliqué dans les processus émotionnels s’épaississait chez les pratiquants assidus, au point de compenser chez certains la fonte de la matière grise due au vieillissement. Plus récemment, ses travaux ont également montré chez ceux qui méditent un développement plus important de l’hippocampe (qui joue un rôle de premier plan dans la mémorisation, l’apprentissage, la vigilance et l’adaptation à son environnement), et au contraire un rétrécissement de l’amygdale (qui gère les émotions, en particulier nos réactions de peur et d’anxiété).
Certaines études suggèrent aussi que la méditation ne modifie pas seulement le cerveau, mais agit aussi sur la santé cardiovasculaire, la tension artérielle, l’immunité et même notre génome. Une étude d’Herbert Benson, de l’hôpital général du Massachusetts, a ainsi analysé le profil d’expression des gènes de 26 adultes avant et après une formation à la méditation. Son constat a créé la stupéfaction lors du dernier symposium de « sciences contemplatives » : en quelques semaines d’exercice, l’expression des gènes associés à la sécrétion d’insuline et aux mécanismes d’inflammation a significativement augmenté en même temps que la production de monoxyde d’azote, un gaz vasodilatateur bénéfique au rythme cardiaque.

Une nouvelle discipline universitaire
Cette année encore, le diplôme universitaire « Médecine, Méditation et Neurosciences » a fait le plein : 400 inscriptions ont été enregistrées pour seulement 60 places. « Le thème séduit de plus en plus par son approche complémentaire dans le contexte cartésien des soins occidentaux », explique le docteur Jean-Gérard Bloch, qui a créé cette formation à l’université de Strasbourg en 2012. Pendant deux mois, médecins, psychologues, neurologues, chercheurs et autres chefs de services découvrent la pratique avec une dizaine d’enseignants et font l’état des lieux des connaissances scientifiques sur les liens entre le corps et l’esprit, y compris sous l’angle philosophique. « Notre ambition est d’inscrire la méditation dans un cadre institutionnel élitiste pour en promouvoir l’usage et combattre le charlatanisme », poursuit le docteur. Plusieurs programmes de recherche sont déjà nés de cette sensibilisation comme à l’Inserm de Caen, qui a démarré une étude sur la méditation et le vieillissement. La diffusion de la connaissance passe, aussi, par les futurs médecins : un module de méditation vient d’être inscrit en troisième année d’étude de la faculté. Cinquante places sont proposées. 
Paul Molga

vendredi 20 février 2015

Amour, travail, consommation


Le temps, c’est de l’amour !
Souvent, le temps que nous consacrons à l’autre mesure l’amour que nous lui portons.
Chacun, au fond de nous-même, n’aspirons qu’à aimer et être aimé. Si le temps de notre passage sur terre n’était consacré qu’à l’amour, ne serions-nous pas au paradis ?
Or nous consacrons une grande partie de notre temps à travailler, et une autre à consommer.
Des hommes et des femmes consacrent tellement de temps à leur travail qu’ils n’arrivent pas à vivre en couple, à construire une relation durable. Ou ils arrivent à faire fuir leur partenaire, lassé de passer des soirées seul(e) pour cause de réunion ou de dossiers, de bilan, … à finir.
Loin des yeux, loin du cœur !
Nous sommes parfois tellement imprégnés par notre travail qu’il devient notre seule préoccupation, et ce n’est pas toujours passionnant pour l’autre. Nous pouvons mettre beaucoup d’amour dans notre travail et y trouver des satisfactions, mais est-ce suffisant pour remplir une vie ?
Pour oublier ce vide relationnel, nous passons alors du temps à consommer, confondant le plaisir éphémère d’un achat avec le bonheur et la joie. Mais c’est mieux que rien !
Souvent, ainsi passe notre vie. Qu’avons-nous fait du temps qui nous a été donné ?
Entre travail et consommation, quel temps nous reste-t-il pour être vraiment en contact avec nous-même et avec les autres ? Pour vraiment regarder, ressentir, écouter et aimer ce monde merveilleux dans lequel nous vivons, cette vie miraculeuse ?

lundi 10 mars 2014

Séminaire Intensif vers l'Eveil, la Libération

Les séminaires intensifs vers l’Éveil sont une forme de travail en groupe qui se situent entre la psychothérapie et la recherche spirituelle. Les résultats obtenus sont de nature psycho-thérapeutique (prise de conscience et dépassements de traumatismes du passé, de hontes, amélioration de la confiance en soi, …) et spirituelle (expérience de "satori", contact direct avec soi-même, …).

Les séminaires intensifs ont été créés, aux États Unis, par Charles Berner, en faisant la synthèse des méthodes de méditation orientales et des techniques de communication occidentales.
Jacques de Panafieu, qui les a introduit en France dans les années soixante dix, disait qu'ils étaient un préalable utile à toute psychothérapie et que les personnes qui avaient fait l'expérience de "qui elles étaient, en vérité", avançaient beaucoup plus rapidement par la suite.

L'objectif de ces séminaires est de viser directement le centre de la personne à travers une technique de communication qui permet à chacun de s'exprimer, dans sa vérité, sans crainte des jugements, critiques et autres conseils.
Ils développent la Joie, l'amour et la bienveillance envers les autres.



lundi 3 février 2014

Le Silence


Le silence est l’espace où nous pouvons nous entendre, sans silence pas de communication, sans silence, pas de conscience.

Il y a deux types de silence, le silence extérieur et le silence intérieur.

Notre mode de vie a beaucoup pollué le silence extérieur. Radios, télévision, publicités, voitures, etc., envahissent l’espace et notre mental. Quelles sont les pensées qui nous appartiennent vraiment et celles qui nous sont inculquées ?


Un véritable échange entre deux êtres humains est peuplé de silences. Silences où chacun cherche à comprendre ce que l’autre veut dire, où il cherche la part de vérité, où il observe comment cela peut modifier son propre point de vue. Sans silence une conversation n’est plus qu’une mascarade, où chacun reste en surface, où chacun reste replié sur lui-même, dans son monde. Mais il n’y a pas de profondeur, pas d’échanges, pas de relation.

Le silence intérieur nous permet d’atteindre vraiment la profondeur de notre être, au-delà des idées toutes faites, des discours convenus, du politiquement correct et des résultats du dernier match de football.

Ce silence est encore plus difficile à atteindre que le précédent. Pour beaucoup, il demande un travail sur soi, de la relaxation, de la méditation. Ce n’est pas un silence facile. Mais c’est un silence riche. Quand le flot des pensées, des projections sur le futur, des regrets sur le passé, des jugements, des hontes, des classifications s’arrête, apparait le vide. Et au-delà de ce vide, émergent des vagues de sérénité, de joie et d’amour. 
La beauté du monde se révèle, sa réalité aussi.

Là où le langage échoue, le silence réussit. Comprendre notre Être nécessite d'être de plus en plus proche du Silence, plus intime, plus vulnérable, plus disponible à cet espace qui nous révèle . Il s'agit d'être absent en tant que personne et présent en tant qu'individu , en tant qu’Être humain . Au lieu de s'accrocher au mots, nous devenons plus sensible au message du Silence.

Une étape de la technique du "Qui Suis Je ?" est la contemplation. La contemplation est une manière d'accéder à la connaissance, par la simple observation consciente et silencieuse. 
Accepter, observer et communiquer, sans aucune censure et sans jugement tout ce qui surgit de votre Silence intérieur du fait que vous décidez de faire l'expérience du contact direct avec Vous même, est un chemin.

Le vrai silence n'est pas quelque chose d'imposé. Le silence ne se comprend pas, quand vous découvrez la beauté du silence, vous êtes simplement le silence. Et la Beauté! Et la Joie !