Le Désert

Depuis l'antiquité et les pères du désert, le désert a toujours été un lieu exceptionnel de méditation et de révélation. "On va au désert pour retrouver la mémoire de l'être qui nous fonde, et qui seul peut nous donner la paix" (Jean Yves Leloup, Désert, désert - Albin Michel, 1996).
Loin des télévisions, des voitures et de l'agitation, le silence du désert nous aide à nous retrouver, comme lorsque l'eau se calme, devient lisse et révèle notre visage.
 
L'objet des séminaires intensifs vers le Soi (aussi appelés "vers l’#Éveil"), est d'aider chaque participant à retrouver sa vraie nature, son visage profond. Le désert, au milieu des dunes, est un cadre idéal pour faire l'expérience de "Qui Je Suis en vérité". Nous vous proposons de vous accompagner dans ce voyage extraordinaire, loin de tout, au cœur de vous-même.

Le Témoignage d'une participante
Lumière du désert... Lumière de l’âme… Lumière du cœur
Je m’attendais à un coup de cœur immédiat avec le désert
Ce fut un coup de colère d’abord
De ce rendez-vous trop matinal
De ce trop long voyage
De cette trop longue attente
De coucher interdit avant l’autorisation
De ce lever imposé
J’ai vécu tous ces trop comme non légitimes, imposés par le manque de présence et/ou d’anticipation

Donc pas simple de franchir la porte du désert, l’âme ouverte et disponible.
Les premières heures m’ont plongées dans un sentiment de révolte, celui de devoir vivre le lieu, l’espace, le temps, le désert selon les desideratas d’Autres… O combien l’instant présent m’était volé… devant me conformer à un rythme, à un processus qui me laissait plus que dubitative, à une question que j’ai vite trouvé sans intérêt «  dis-moi qui tu es ?» Je suis sur le pas de la porte du désert…
C’est donc de ce quai là que je suis partie pour ce voyage dans le désert…
 
Lors de la première marche méditative, m’est venue comme tombée du ciel, cette lumière « tu peux ne pas rester »
A partir de ce moment-là, j’ai inversé le flot en moi, je suis passée « du contre » au « avec moi », je faisais de nouveau alliance avec moi et mon ressenti, je l’accueillais dans sa sauvagerie, dans sa négation, dans sa difficulté… je renouais. C'est ma première pierre du désert.

Le soir, lors du tour de piste, j’ai posé « ça » dans  le groupe, intelligence des animateurs : pas de discussion, juste l’accueil de ma parole ; et puis « la nuit est souvent bonne pour moi… »
Le matin… levée, comme un automate 5 H 45, 6 H 00 devant A…., « dis-moi qui tu es ? » je raconte mon rêve…. C’est parti mon kiki….

Je constate que les dyades évoluent, début du processus les gens se racontent, je suis comme ça, comme ci, je suis une, je suis un…il m’est arrivé ça, mon père, ma mère, mes frères et mes sœurs… et puis vient un moment où je constate, que ce que je suis me coule entre les mains comme les grains de sable du désert, plus je raconte et moins il  me reste de  matière, de contenu… il ne reste alors que la sensation du sable qui passe sur ma peau… je reste avec cette sensation , je suis cette sensation, ce corps qui sent…c’est minéral… Je vis une exacerbation de mes sensations, je touche l’extra-sensoriel, je commence à ressentir l’énergie… je ne communique plus que mes sensations et seulement cela, car je deviens, je suis… cela…ce souffle… cette chaleur dans le ventre… cette douleur dans le cou… cette narine que ressens le froid de l’air qui rentre….

J’ai fait l’expérience concrète, palpable du « ici et maintenant »
Ce que je connaissais depuis longtemps, depuis toujours,  trop souvent par le mental, je l’expérimente dans… le cœur, le corps et l’âme, autrement dit dans toute ma largeur d’être…
Je suis repartie avec une intime expérience, celle d’être toujours plus large que ce qui se donne à vivre, que mon être est plus large que ce que je vis là…
De ne pouvoir saisir qu’une partie de l’expérience de ce qui se donne à vivre, j’ai intégré corporellement, sensoriellement, réellement toute ma limite perceptive, ma frontière mais le pays est plus étendu….
Ce voyage m’a fait gagner en humilité, le chantier est encore vaste car je ne manque pas de vanité, j’ai pu le constater dans mes montées de dunes, heureusement le désert est là, qui veille au grain, il sait à tout moment te ramener au plus près du réel, et te faire sentir aussi petit que le grain de sable, que tu ne parviens même pas à isoler, à individualiser, à identifier… son identité se perd dans le tout du désert..
Dans ce paysage, tu ne peux faire qu’un avec le tout, le UN est tout à fait ridicule, il n’a aucun sens...
Sans doute avons-nous manqué ce message essentiel de l’univers dans notre course folle à l’individualité, dans ma course folle à l’individualité… puisqu’il est quand même bien visible que c’est, ce qui se jouait dans mes débuts de contact avec le désert… c'est ma deuxième pierre du désert.

A nouveau des doutes…
Suite à une intervention d’un animateur, à nouveau l’envie de partir… de fuir cette prison volontaire… j’entends J….. hurler sa faim pendant toute une dyade… ça me tord les boyaux… et le respect du processus qui l’empêche de manger à sa faim, elle s’empêche d’être libre… quelle absurdité… où sommes-nous… je suis cette prisonnière volontaire qui respecte une règle aberrante, qui s’interdit la liberté… où sommes-nous… où suis-je ?

Et là dans cette confusion de l’âme… un cœur qui me dit « reste »… celui d’A….., et je fais alors la merveilleuse expérience de l’Autre, je rencontre l’Autre, je me connecte intimement … l’Autre qui vient me révéler, me définir, je vis l’expérience d’être dans cette infime frontière entre l’Autre et moi et je nais à moi-même, en même temps que l’Autre naît à lui-même… c’est une illumination… celle de saisir cet endroit, cet espace-temps qui se suspend et qui comme une tache d’huile se répand dans mon corps, l’univers se déploie en moi, mon cœur s’ouvre, je ressens une énergie extraordinaire, elle m’aligne, elle me porte, je ne suis plus que cette énergie d’Amour… je suis AMOUR…une forme d’extase se manifeste…
Cette expérience, ce ressenti va continuer à se vivre de manière plus ou moins intense en lien avec mon ou ma partenaire… que ça le fasse ou pas, n’a pas d’importance car même quand ça ne le fait pas, l’occasion m’est donnée de saisir cet infime lien entre l’Autre et moi qui dans l’instant me définit d’une manière ou d’une autre…
Je n’ai pas de doute sur ma capacité à revivre cette expérience, je ne m’y attache pas… s’y cramponner, je sens que ce serait l’erreur…
C’est devenu une partie de moi, une forme de réalité intime, car je l’ai comme ingurgitée, absorbée dans ma chair, mes cellules s’en sont nourries, C’EST,  puisque ça a été… C'est ma troisième pierre du désert.

Et puis il y a une quatième pierre… dans la danse… rien que d’évoquer ces moments-là, je sens mon ventre qui caracole, ma joie qui saute de  dunes en dunes, mon sourire qui se dessine sur mon visage… j’ai fait l’expérience de l’acte créateur, du processus créatif… ne pas vouloir et se laisser porter par ce qui vient du plus profond de mon âme, de mes tripes, de mon corps, là maintenant, laisser l’esprit au vestiaire pour faire confiance au mouvement, il est création, il s’appuie dans ma réalité et dans le même temps sur la réalité à l’extérieur de moi…il sait… je laisse venir ce son, ce mouvement qui va avec, c’est tellement intime, je le vis et le laisse être… et le miracle arrive, ce qui était infiniment intime devient Autre, devient  groupal, il est universel, je suis complètement avec moi-même et dans le même temps complètement avec ce qui se vit avec ce groupe « ici et maintenant » c’est la joie à l’état pur…

En quittant le campement le jeudi soir, j’ai été vigilante à franchir symboliquement et réellement, cette fois-ci, la porte du désert, avec le cœur ouvert…

À Marrakech, Le samedi matin dans mon lit, les yeux encore fermés par la nuit, j’ai commencé à écrire… au total une dizaine de pages… je ne les ai pas relues depuis…
j’y ai écrit toutes mes révoltes, celle d’avoir vu N…. partir du campement sans un mot, de l’avoir vue errer sans retour sur ce qui se passait pour elle…d’avoir vue C…… toute perdue, d’avoir peur de ne plus revenir, celle d’avoir vue J…… crier sa douleur de la fin…une fin toute escamotée… dans un processus comme celui-là, où il se cristallise tellement de choses dans ce, difficile moment, drôle de moment, considérablement périlleux… je m’arrêterai là… car je pourrais commencer à faire mon métier… et il m’ a été violent de constater ces limites et de rien en faire… mais j’ai accueilli le fait que j’étais là pour sortir de mes grilles coutumières, de mes représentations habituelles et donc de me laisser élargir hors du champ coutumier et d’écouter aux portes du silence… c’est pourquoi je ne parlerai pas ici, et que j’ai laissé ces feuilles.
Durant mon séjour dans le désert j’ai tiré, du tarot d’Osho, la carte SOURCE, elle dit
«  Cette carte nous rappelle qu’un réservoir immense est à notre disposition. Nous ne pouvons y puiser en pensant, en planifiant. C’est en nous centrant, en trouvant le silence profond de notre être que nous pouvons nous connecter à notre source » ce sera ma cinquième et dernière pierre du désert.  De quoi faire une partie d’osselet, un de mes jeux préférés d’enfant.

C’est ce que ce voyage dans le désert m’a offert, me connecter à ma source, c’est un cadeau précieux et pour cela j’ai une immense gratitude envers vous tous, J…., O…, G….., A…., J…., C….., A…., C….., A…., È…., N…., F…., M….., H M…., N…..

Pour terminer, je vous partage un de mes haïkus préférés :
« Lorsque vous devenez vous
le zen devient zen
lorsque vous devenez vous
le monde entier tombe amoureux »  ESHIN







Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire